Les moissons du futur?


L’agro-écologie, c’est TOP, ça marche mais pourquoi toujours vouloir l’opposer aux systèmes conventionnels?
Il existes des avantages et des inconvénients à toutes les méthodes alors pourquoi vouloir bannir l’une ou l’autre?

Il y a plein de contre-vérités dans le discourt de cette « journaliste » « écologiste » …

– Il est incontestable que l’agroécologie demande plus de main d’oeuvre. Marie-Monique Robin milite pour une agroécologie partout avec des agriculteurs mieux rémunérés. En gros elle veut produire moins (ou autant dans le meilleur des cas) avec plus d’agriculteurs mieux payés … bonne idée mais qui va payer? la PAC? les bobos? certainement pas les smicards!

– Dans une agriculture raisonnée, les produits utilisés ne détruisent pas l’environnement car les équilibre écologiques sont respectés ainsi que tout ce qui entour le champ. Tous les pesticides qui tuent les oiseaux, les grenouilles, … comme expliqué dans le film sont en fait interdits depuis longtemps et les produits dangereux sont soumis à des règles strictes. Si un produit dépasse les doses limites fixées, c’est toute la récolte qui est perdue et des amendes lourdes pour le pollueur.

– Ils ne montrent que des exemples de systèmes agroécologiques qui marchent mais il existe également des systèmes agroécologiques qui ne produisent rien voir pire qui produisent bien mais qui polluent plus que les systèmes classiques. Un exemple simple, le fermier bio qui va épandre tout son fumier sur son  champ sans réfléchir à la dose à mettre, va polluer les nappes phréatiques et rivières  dés la première pluie (#eutrophisation). Un autre exemple de fausse bonne idée, l’utilisation d’insectes pour la lutte biologique, quand ça marche c’est super mais il y a comme pour les produits chimiques des exemples d’erreurs … comme les_coccinelles_asiatiques. Sauf que contrairement à un produit chimique ou un OGM(stérile), on ne peut pas revenir en arrière en l’interdisant à la vente.

– Ils montres des sols morts sans humus … mais dans toutes mes visites de champs conventionnels, j’ai vu aussi beaucoup de sols bien vivants avec de l’humus provenant d’épandage de fumier ou de compost ou de restitutions d’anciennes cultures. Il faut arrêter de caricaturer!

– …

Je ne dis pas que l’agroécologie est une mauvaise idée, je dis juste que selon moi ce n’est pas la solution verte et parfaite qu’on veut nous vendre. De l’autre coté l’agroindustrie, ce n’est pas le monde des bisounours mais ce n’est pas non plus les méchants irresponsables et destructeurs de l’environnement.

Je pense qu’il faut développer l’agroécologie, les règles de protection de l’environnement, les biotechnologies et les produits de synthèses plus respectueux de l’environnement.  On montre des exemples africains dans ce reportage, mais je pense que l’agroécologie s’applique beaucoup chez nous pour l’autoproduction par exemple et devrait être encouragée par les politiques. Au lieu de remplir nos jardins de plantes invasives, pourquoi ne pas promouvoir la construction de potagers familiaux ou de quartiers, subsidier la construction de serres, …?

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Publié le 18 octobre 2012, dans Actu, Science, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 13 Commentaires.

  1. J’apprécie le bon sens de vos remarques. J’ai connu votre blog par votre réponse à mon commentaire sur le site d’Arte, commentaire où j’avais abordé la question démographique. Je profite de ce post pour vous communiquer le lien vers le site de l’association Démographie Responsable dans laquelle je milite. Bien à vous.

  2. Je n’ai pas encore vu l’ensemble de ce reportage. L’histoire de la bouse de corne m’a laissée complètement sceptique mais je suis convaincue par l’agro-écologie telle que présentée par l’INRA. Pour moi, c’est le bon sens même.
    J’apprécie votre commentaire parce qu’il pèse bien le pour et le contre. J’ai l’impression que beaucoup de choses sont en train d’évoluer dans le monde de l’agriculture et qu’on ne peut pas voir tout noir ou tout blanc. Par exemple, l’agriculteur allemand de la bouse de corne fait des couverts végétaux qu’il utilise comme engrais vert. J’ai l’impression que chez nous, les intercultures et les couverts végétaux n’en sont qu’à leur prémisses mais les questions commencent à se poser, ainsi que le labour peu profond. Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous dites à propos des coccinelles asiatiques mais les OGM représentent le même type de menace en terme de diffusion. D’ailleurs Monsanto attaque des agriculteurs ayant des cultures porteurs de gènes issus d’OGM cultivés à proximité de leur parcelle mais pas par eux (contamination).

    En ce qui concerne l’épandage des fumiers, je ne crois pas que ce soit le simple fait des agriculteurs bio. Je pense que c’est le fait d’une bonne partie des agriculteurs de manière générale. J’ai même l’impression que pratiquement aucun ne les composte… (ce qui me semble une solution au moins aussi efficace que de les enfouir dans des cornes; le compostage permettrait de rendre les nutriments plus disponibles pour les plantes.) Et le respect des doses est aussi valable avec les engrais minéraux. Quant aux fumiers, ils posent pour moi une question cruciale : avons-nous besoin de tout ce bétail qui génère une pollution intense sur une surface restreinte ? Avons nous besoin de manger toute cette viande et ces produits laitiers ? A mon avis, non : ni pour notre santé, ni pour la planète.

    Il est vrai que la démographie est un point important, comme l’a souligné Manso. Mais comme l’a dit aussi Jeanpierrefrancia sur le site d’Arte, son infléchissement passe aussi par l’éducation et les familles nombreuses ne se trouvent pas dans les pays qui consomment le plus. Sans compter qu’avec une alimentation végétale, on pourrait nourrir correctement bien davantage d’individus. Bref, ces débats me passionnent ! Il y a tant à dire sur le sujet. L’avenir se fait aussi parce que nous choisissons de manger (ou de ne pas manger).

  3. “L’agro-écologie, c’est TOP, ça marche mais pourquoi toujours vouloir l’opposer aux systèmes conventionnels?”
    → En raison des inconvenients des systemes conventionnels… vous avez les yeux et les oreilles bouches quant a leurs multiples inconvenients ? Une autre raison est que l’agro-eco est nee et s’est developpee justement pas opposition ou alternative aux systemes conventionnels, lorsque des personnes en ont eu assez de ces derniers ou ont estime qu’il etait temps d’aller au-dela de leurs limites. Ces alternatives sont nombreuses et variees, mais elles ont toutes en commun de limiter l’emploi ou meme de se passer completement de ce qui caracterise justement les systemes conventionnels: forte mecanisation, monoculture, utilisation massive de produits chimiques (et maintenant biolologiques avec les OGM) artificiels.

    “Il existes des avantages et des inconvénients à toutes les méthodes alors pourquoi vouloir bannir l’une ou l’autre?”
    → Cf ci-dessus, et pas mal es commentaires qui suivent.

    “Il y a plein de contre-vérités dans le discourt de cette « journaliste » « écologiste » …”
    → J’en vois bien plus dans votre liste. On dirait que vous n’avez absolument pas fait l’effort de lier entre eux les differents elements du documentaire. Je vais le faire pour vous pour chacun des points que vous mentionnez. Tres franchement, vous me donnez l’impression de vous “defouler” contre une vague bio qui vous agace (ca, je peux un peu le comprendre) plutot que de discuter du contenu de “Les moissons du futur”.

    “- Il est incontestable que l’agroécologie demande plus de main d’oeuvre. Marie-Monique Robin milite pour une agroécologie partout avec des agriculteurs mieux rémunérés. En gros elle veut produire moins (ou autant dans le meilleur des cas) avec plus d’agriculteurs mieux payés … bonne idée mais qui va payer? la PAC? les bobos? certainement pas les smicards!”

    → Elements de reponse:
    cultures mixtes (exemple: noyer-ble) permettant d’augmenter les revenus et les rendements a l’hectare, tout en diminuant les besoins en intrants (economies)
    racourcissement des cycles de ventes: moins d’intermediaires, comme reclame par le producteur d’oignons senegalais et applique par le producteur bio japonais
    une partie des couts de l’agriculture conventionnelle sont caches (couts sanitaire de par l’impact sur notre sante, subventions diverses directes ou indirectes…)

    “- Dans une agriculture raisonnée, les produits utilisés ne détruisent pas l’environnement car les équilibre écologiques sont respectés ainsi que tout ce qui entour le champ. Tous les pesticides qui tuent les oiseaux, les grenouilles, … comme expliqué dans le film sont en fait interdits depuis longtemps et les produits dangereux sont soumis à des règles strictes. Si un produit dépasse les doses limites fixées, c’est toute la récolte qui est perdue et des amendes lourdes pour le pollueurs.”
    → Vous devriez regarder les autres documentaires de la serie: “Le monde selon Monsanto” et “Notre poison quotidien” qui remettent tres clairement en cause la qualite du boulot fait pas nos organismes regulateurs
    → Vous etes vraiment si naif ? Vous devriez discuter avec ma voisine qui a passe quelques jours en soins intensifs apres consommation des champignons de son jardin. La cause: epandage de pesticides sur le champ voisin. Vous pourriez aussi discuter des nitrates et des algues vertes en Bretagne, de l’incidence des cancers et maladies neurodegeneratives chez les agriculteurs, et sur les soupcons d’effets cocktail a doses extremement faibles entre des produits autorises mais testes independemment les uns des autres plutot qu’en combinaison.

    “- Ils ne montrent que des exemples de systèmes agroécologiques qui marchent mais il existe également des systèmes agroécologiques qui ne produise rien voir pire qui produisent bien mais qui polluent plus que les systèmes classiques. Un exemple simple, le fermier bio qui va étendre tout son fumier sur son  champ sans réfléchir à la dose à mettre, va polluer les nappes phréatiques et rivières  dés la première pluie (#eutrophisation).”

    vous etes sur que du fumier mene a l’eutrophisation ? J’ai un doute (question sincere)
    Vous prenez un exemple de mauvaise pratique qui n’a rien a voir avec le fait de faire du bio au pas ou d’appliquer un systeme particulier. Prenez l’exemple du liser epandu sur les champs bretons: la demarche est exactement la meme et n’a rien a voir avec le cote bio mais tout a voir avec la competence de l’agriculteur.
    Dans votre exemple, vous negligez le fait qu l’eau ruisselle beaucoup moins et est beaucoup mieux retenue dans une terre travaillee “a la bio” que dans les champs conventionnels, ce qui est mentionne dans le documentaire

    “Un autre exemple de fausse bonne idée, l’utilisation d’insectes pour la lutte biologique, quand ça marche c’est super mais il y a comme pour les produits chimiques des exemples d’erreurs … comme les_coccinelles_asiatiques. Sauf que contrairement à un produit chimique ou un OGM(stérile), on ne peut pas revenir en arrière en l’interdisant à la vente.”
    c’est bien pour eviter ce genre d’erreurs que l’interview cloturant le documentaire reclame une agriculture “savante”. Je n’ai vu nulle part dit que l’on pouvait faire n’importe quoi pourvu que l’on se passe de pesticides et d’engrais. Au contraire, il est clairement dit, par exemple avec le “push pull”, que de nombreuses etudes et tests sont necessaires.

    “- Ils montres des sols morts sans humus … mais dans toutes mes visites de champs conventionnels, j’ai vu aussi beaucoup de sols bien vivants avec de l’humus provenant d’épandage de fumier ou de compost ou de restitutions d’anciennes cultures. Il faut arrêter de caricaturer!”
    c’est vrai, tous les sols cultives de facons conventionnels ne sont pas (encore completement…) morts. Mais il n’est a ma connaissance pas conteste qu’ils sont beaucoup “moins vivants” que les sols bio en terme de structure, presence de nutriments, vie microbienne etc… De plus, alors que les techniques bio permettent d’ameliorer la fertilite des sols, les techniques conventionnelles tendent a ne s’en servir comme support et ne les ameliorent pas mais au contraire les degradent. Un sol une fois completement degrade sera effectivement mort. C’est un processus qui prend du temps et depend des types de terres et de pratiques agricoles.
    On purrait aussi s’interesser au sous-sol (disons un metre de profondeur) des champs des systeme classiques, parfois completement tasses et durci (passage repete d’engains lourds, absence de vie suffisante pour les decompacter…), incapable d’absorber l’eau qui leur arrive. En surface grace aux labours ca a l’air a peu pres bon, mais par dessous…

    “Je ne dis pas que l’agroécologie est une mauvaise idée, je dis juste que selon moi ce n’est pas la solution verte et parfaite qu’on veut nous vendre.”
    Il n’est pas de solution parfaite. La-dessus nous sommes d’accord. Ceci dit, un peu de reequilibrage apres des decennies sans remise en question serieuse de notre systeme actuel ne peut que faire du bien, et ce pour un tas de raisons allant de l’ecologie au social en passant par l’economie et la politique.
    Dans le cas des cultures vivrieres des pays du sud, on a pas mal d’exemples semi-miraculeux: a paysan african qui d’acheteur devient vendeur de mais, un autre qui passe en quelques annees de 2-3 sacs de production a plus de 20 sacs (!), cela apres avoir laisse tomber les methodes classiques. C’est quand meme pas mal non ? Vous vous rendez-compte des implications ?

    “ De l’autre coté l’agroindustrie, ce n’est pas le monde des bisounours mais ce n’est pas non plus les méchants irresponsables et destructeurs de l’environnement.”
    – Hum… tres franchement, je me pose tres serieusement la question. Je vous propose a nouveau de visionner les autres documentaires de Mme Robin. Ca pourrait vous amener quelques elements de reflexions. Ensuite, le documentaire dont il est question ici montre quand meme la fin de la souverainete alimentaire du Mexique pour satisfaire l’agroindustrie US, une hausse de 50% de l’aliment de base du Mexique en quelques semaines sans penurie pour l’expliquer, l’exode rural et la pauvrete dans tous les pays du sud provoques par les exportations des productions ou des methodes de production du nord, la dependance alimentaire de ces memes pays non pour des problemes de fertilite de sols mais pour des problemes de non-rentabilite de la production locale face aux productions subventionnees du nord etc etc.. Et je ne mentionne meme pas tous les doutes ou les certitudes concernant l’impact sur notre sante des pratiques de l’agroindustrie. Nos agriculteurs sont encore dependant de fait de l’agro-industrie (quelques decennies d’education et d’habitude a refaire, regard des voisins et de la famille, et pas facile d’obtenir un prêt lorsque l’on n’utilise pas les methodes classiques), et ce sont eux qui lui donnent son pouvoir. Passer au bio sous une forme ou une autre est le meilleur moyen de se debarasser de cette dependance.

    “Je pense qu’il faut développer l’agroécologie, les règles de protection de l’environnement, les biotechnologies et les produits de synthèses plus respectueux de l’environnement.  On montre des exemples africains dans ce reportage, mais je pense que l’agroécologie s’applique beaucoup chez nous pour l’autoproduction par exemple et devrait être encouragée par les politiques. Au lieu de remplir nos jardins de plantes invasives, pourquoi ne pas promouvoir la construction de potagers familiaux ou de quartiers, subsidier la construction de serres, …?”
    – Malheureux ! Vous voulez mettre nos paysans (et leurs fournisseurs… et leurs distributeurs…) sur la paille ? 😉

    • Merci pour ton long commentaire.

      « vous êtes sur que du fumier mène a l’eutrophisation ? J’ai un doute (question sincere) »
      -> Oui c’est un fait certain! (à lire)

      J’ai vu tous les reportages dont tu fais référence, on y retrouve un peu de science, beaucoup de propagande et peu d’objectivité.

      « Vous prenez un exemple de mauvaise pratique qui n’a rien a voir avec le fait de faire du bio au pas ou d’appliquer un systeme particulier »
      -> c’est le même genre d’exemples qui sont utilisés pour critiquer l’agriculture industrielle (des mauvaises pratiques).

      « Il n’est pas de solution parfaite. La-dessus nous sommes d’accord. Ceci dit, un peu de reequilibrage apres des decennies sans remise en question serieuse de notre systeme actuel ne peut que faire du bien… »
      -> L’Europe est l’exemple du contraire de ce que tu avances, car la remise en question et la prudence y est constante. Exemple simple le très faible nombre d’OGM cultivés chez nous par rapport aux autres grands producteurs mondiaux.

      Pas le temps de répondre à tout mais en gros tes arguments sont souvent utopistes. Mais il faut aussi des gens qui rêvent dans un société et si on n’essaye pas de changer les choses, on ne peut qu’échouer donc fais ce que tu penses être bon… mais en restant critique face aux informations des un et des autres.

    • «ce qui caracterise justement les systemes conventionnels: forte mecanisation, monoculture, utilisation massive de produits chimiques (et maintenant biolologiques avec les OGM) artificiels.»

      Vous devriez un peu regarder les chiffres de l’USDA concernant le no-till et les OGM. Étrangement ils se marient très bien. De plus si le conventionnel utilise des pesticides c’est en partie pour réduire la mécanisation, contrairement au bio qui n’a d’autre alternative que la lutte mécanique.

      «cultures mixtes (exemple: noyer-ble) permettant d’augmenter les revenus et les rendements a l’hectare, tout en diminuant les besoins en intrants (economies)»

      Rien de nouveau sous le soleil.

      «une partie des couts de l’agriculture conventionnelle sont caches (couts sanitaire de par l’impact sur notre sante, subventions diverses directes ou indirectes…)»

      Et le bio bien sûr c’est du tout propre, pas de souffre pas de cuivre ni de roténone et encore moins de compaction des sols ou de prix exorbitant pour le consommateur.

      «Vous devriez regarder les autres documentaires de la serie: “Le monde selon Monsanto” et “Notre poison quotidien” qui remettent tres clairement en cause la qualite du boulot fait pas nos organismes regulateurs»

      Évidemment MM Robin avec son bac S, elle a mieux compris que les scientifiques des agences de régulation…

      «Dans votre exemple, vous negligez le fait qu l’eau ruisselle beaucoup moins et est beaucoup mieux retenue dans une terre travaillee “a la bio” que dans les champs conventionnels»

      Un champ conventionnel mal conduit et qui est sujet à l’érosion n’a aucun rapport avec la certification bio. Personne n’a attendu le concept fumeux du bio pour limiter l’érosion ou l’impact des gouttes de pluie. TCS ça vous dit quelque chose?

      «De plus, alors que les techniques bio permettent d’ameliorer la fertilite des sols, les techniques conventionnelles tendent a ne s’en servir comme support et ne les ameliorent pas, mais au contraire les degradent. »

      Encore du grand n’importe quoi. Comme si déchaumer une prairie bio à grands coups répétés de cultivateur lourd ne dégrade pas le sol. Et que dire du va-et-vient incessant de la machinerie pour la lutte mécanique?

      «on purrait aussi s’interesser au sous-sol (disons un metre de profondeur) des champs des systeme classiques, parfois completement tasses et durci (passage repete d’engains lourds, absence de vie suffisante pour les decompacter…), incapable d’absorber l’eau qui leur arrive. En surface grace aux labours ca a l’air a peu pres bon, mais par dessous…»

      La semelle de labour est due au…labour. Tout le monde le sait d’où la mise en place de no-till et TCS (et aux voies d’accès marquées au GPS). Contrairement au bio le conventionnel n’a pas cessé d’évoluer. Certes l’évolution est lente, mais au moins elle n’est pas enfermée dans un carcan pseudo-scientifique comme le bio.

    • @luc

      «ce qui caracterise justement les systemes conventionnels: forte mecanisation, monoculture, utilisation massive de produits chimiques (et maintenant biolologiques avec les OGM) artificiels.»

      Vous devriez un peu regarder les chiffres de l’USDA concernant le no-till et les OGM. Étrangement ils se marient très bien. De plus si le conventionnel utilise des pesticides c’est en partie pour réduire la mécanisation, contrairement au bio qui n’a d’autre alternative que la lutte mécanique.

      «cultures mixtes (exemple: noyer-ble) permettant d’augmenter les revenus et les rendements a l’hectare, tout en diminuant les besoins en intrants (economies)»

      Rien de nouveau sous le soleil.

      «une partie des couts de l’agriculture conventionnelle sont caches (couts sanitaire de par l’impact sur notre sante, subventions diverses directes ou indirectes…)»

      Et le bio bien sûr c’est du tout propre, pas de souffre pas de cuivre ni de roténone et encore moins de compaction des sols ou de prix exorbitant pour le consommateur.

      «Vous devriez regarder les autres documentaires de la serie: “Le monde selon Monsanto” et “Notre poison quotidien” qui remettent tres clairement en cause la qualite du boulot fait pas nos organismes regulateurs»

      Évidemment MM Robin avec son bac S, elle a mieux compris que les scientifiques des agences de régulation…

      «Dans votre exemple, vous negligez le fait qu l’eau ruisselle beaucoup moins et est beaucoup mieux retenue dans une terre travaillee “a la bio” que dans les champs conventionnels»

      Un champ conventionnel mal conduit et qui est sujet à l’érosion n’a aucun rapport avec la certification bio. Personne n’a attendu le concept fumeux du bio pour limiter l’érosion ou l’impact des gouttes de pluie. TCS ça vous dit quelque chose?

      «De plus, alors que les techniques bio permettent d’ameliorer la fertilite des sols, les techniques conventionnelles tendent a ne s’en servir comme support et ne les ameliorent pas, mais au contraire les degradent. »

      Encore du grand n’importe quoi. Comme si déchaumer une prairie bio à grands coups répétés de cultivateur lourd ne dégrade pas le sol. Et que dire du va-et-vient incessant de la machinerie pour la lutte mécanique?

      «on purrait aussi s’interesser au sous-sol (disons un metre de profondeur) des champs des systeme classiques, parfois completement tasses et durci (passage repete d’engains lourds, absence de vie suffisante pour les decompacter…), incapable d’absorber l’eau qui leur arrive. En surface grace aux labours ca a l’air a peu pres bon, mais par dessous…»

      La semelle de labour est due au…labour. Tout le monde le sait d’où la mise en place de no-till et TCS (et aux voies d’accès marquées au GPS). Contrairement au bio le conventionnel n’a pas cessé d’évoluer. Certes l’évolution est lente, mais au moins elle n’est pas enfermée dans un carcan pseudo-scientifique comme le bio.

  4. « vous êtes sur que du fumier mène a l’eutrophisation ? J’ai un doute (question sincere) »
    -> Oui c’est un fait certain! (à lire)

    Cet article discute des nitrates. Les nitrates sont produits directement ou indirectement par dejections animales. Le probleme est que pour faciliter les manutentions dans l’elevage de porcs, ces derniers sont nourris de maniere a produire des dejections sous forme liquide extremement concentrees en nitrate. Epandus, surtout en exces, ces dejections liquides sont tres facilement emportees par ruissellement, a la difference du fumier, melange de dejections solides et liquides et de debris vegetaux. Que dans certaines conditions, le fumier puisse provoquer de l’eutrophisation, je veux bien le croire, mais cela reste a ma connaissance exceptionnel, quand bien meme cela arriverait. Pour le lisier, c’est autre chose: dejections naturellement concentrees en nitrate, facilite a ruisseler, elevage extremement concentres, pas assez de surfaces de champs a proximite pour l’etendre selon de « bonnes pratiques ». Bref, je ne suis pas convaincu.

    « J’ai vu tous les reportages dont tu fais référence, on y retrouve un peu de science, beaucoup de propagande et peu d’objectivité. »

    Il est vrai que ce sont des reportages engages et pas des etudes scientifiques. Ceci dit, malgre quelques faiblesses, ils m’ont paru tres bien etayes. Je pense par exemple aux interviews d’anciens hauts responsables US qui credibilisent tres bien l’ensemble de l’argumentaire. Au final, je suis pret a prendre le tout pour argent comptant, d’autant que bien d’autres infos vont dans le meme sens (accessoirement, j’ai des proches ayant travaille pour ou au contact de l’industrie pharmaceutique, et ils confirment egalement l’existence de pratiques pour le moins douteuses).

    -> c’est le même genre d’exemples qui sont utilisés pour critiquer l’agriculture industrielle (des mauvaises pratiques).
    Humm… pas d’accord. Les fondamentaux memes de l’agriculture industrielles menent naturellement a des derives de par la compartimentalisation de taches et des produits (comme passer du fumier au lisier). Par exemple: moncoculture -> cultures tres sensibles aux parasites et maladies -> epandages chimiques -> acquisition de resistance a la chimie par les parasites et les agents des maladies -> augmentation des doses -> lorsque l’augmentation des doses ne suffit plus, passage a d’autres molecules, et ainsi de suite. Au final, meme avec de « bonnes pratiques », on se retrouve de fait a utiliser de plus en plus de produits chimiques. De bonnes pratiques peuvent ralentir le phenomene, pas l’enrayer.

    Sur l’Europe, l’opposition aux OGM fait plus figure d’exception que de regle. La PAC par exemple n’a fait que favoriser l’industrialisation de l’agriculture avec une recherche prioritaire a l’augmentation des rendements avec tous les biais qu’incluent ce terme tel qu’utilise actuellement (c’est-a-dire ne prenant pas en compte les intrants, l’energie, les effets sanitaires etc…).

    « Pas le temps de répondre à tout mais en gros tes arguments sont souvent utopistes. »

    J’aimerais que tu me dises lesquels.

    J’ai effectivement l’espoir de passer d’une agriculture industrielle dont bon nombre des defauts sont deja bien visibles et extremements graves a une autre agriculture. Sur mon cote utopiste… les experiences menees depuis 30 ans aux US ou l’exploitation allemande pratiquant le non-labours montrent que des cultures de cereales « bio » ne sont pas significativement moins productives que des cultures classiques dans des pays ayant les meilleurs rendements « classiques ». ce n’est pas de l’utopie, c’est de la science dans un cas, une exploitation en cours dans l’autre.

    • Même dans le fumier, il y a des liquides riches en nitrate mais ce n’est pas le problème. Le problème c’est l’objectivité du reportage, il est facile de pointer du doigt ce qui marche avec une technique et de cacher tous ce qui ne marche pas et de faire l’inverse avec l’autre technique.

      Les bonnes pratiques utilisent globalement de moins en moins de produits chimiques et ceux-ci sont de moins en moins toxiques pour l’environnement. Tu relèves là une caricature formulée par ce genre de reportage.

      Le bio n’est plus rentable que lorsqu’on ne compte pas la main d’oeuvre et que les conditions sont favorables (climat/maladies/…).

      Fin bref, oui c’est possible de faire mieux et plus propre, mais non ce n’est pas faisable de bannir la chime et de mettre tout le monde dans les champs.

      • @alexnewsblog « Le bio n’est plus rentable que lorsqu’on ne compte pas la main d’oeuvre  »
        -> Je doute que le conventionnel soit aussi rentable qu’on le pense si on lui enlève toutes les subventions dont il bénéficie et lui ajoute le coût de dépollution des pollutions engendrées.

        « ce n’est pas faisable de bannir la chime et de mettre tout le monde dans les champs. »
        -> Jje m’interroge sur ce qui vaut mieux : une foule de gens qui élabore des produits phyto et des « conseillers techniques » pour le vendre, ou « une foule de gens pour travailler dans les champs », au vu du taux de chômage dans nos pays et de la foule de gens dans les pays en développement (cf. l’argument sur l’augmentation de la population).

        Par ailleurs, merci pour ton blog et son espace de discussion !

      • « Même dans le fumier, il y a des liquides riches en nitrate mais ce n’est pas le problème. »
        Je n’ai fait que te signaler que ton lien ne soutenait pas ton argumentation. Voila tout.

        « Tu relèves là une caricature formulée par ce genre de reportage. »
        C’etait le constat d’un agriculteur « classique » lors d’une interview, pas une assertion gratuite.

        Bon, je t’ai propose de me signaler lesquels de mes arguments etaient utopiques, et tu me reponds par des generalites que tu n’etayes pas et dont le reportage montre qu’au moins dans certaines conditions elles sont erronnees. Tu comprendras que ton discours ne me convainc pas vraiment.

      • Comment convaincre un convaincu?
        Je te donne juste mon avis, tu peux en faire ce que tu veux. 🙂

    • «Epandus, surtout en exces, ces dejections liquides sont tres facilement emportees par ruissellement, a la difference du fumier, melange de dejections solides et liquides et de debris vegetaux. Que dans certaines conditions, le fumier puisse provoquer de l’eutrophisation, je veux bien le croire, mais cela reste a ma connaissance exceptionnel, quand bien meme cela arriverait.»

      Là encore une mauvaise pratique est une mauvaise pratique. La gestion des déjections animale ça se fait pas ordinateur. Peu importe qu’elles soient liquides ou solides, ce qu’il faut c’est ne pas surcharger le sol (typiquement en phosphore). Ça se calcule et ainsi on optimise la fertilisation en fonction des analyses de sol des champs, de la période d’épandage, des analyses du fumier/lisier… C’est uniquement de cette façon que l’on peut limiter les rejets en phosphores qui sont responsables de l’eutrophisation des cours d’eau.

  5. « Comment convaincre un convaincu? »

    Simplement par une argumentation solide. Je suis effectivement un convaincu (sous entendu: par des faits solides et des raisonnements qui se tiennent), mais je ne suis pas un dogmatique (sous entendu: je suis pret a changer d’avis… si on me demontre les failles de mon raisonnement). D’ailleurs, je pourrais te retourner la replique.

    « Je te donne juste mon avis, tu peux en faire ce que tu veux. 🙂 »

    Et je remercie de laisser ton espace ouvert a la discussion. Si je replique, c’est parceque tu critiques a mon avis a tort un bout de solution tres interessant. Si ce bout de solution doit etre critique, j’aimerais que ce soit pour de bonnes raisons, ce qui ne me semble pas etre le cas ici.

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